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Revisions des détendeurs

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Le détendeur constitue l'élément du scaphandre autonome souvent considéré comme le plus essentiel. Maintenant que la trêve hivernale arrive à grands pas, il faut profiter de cette période pour réviser ou plus sagement faire réviser son détendeur. Si la bouteille relève incontestablement de la compétence du technicien en inspection visuelle (TIV), aucune qualification n'existe au niveau fédéral pour les détendeurs.


Je commencerai par mettre en garde l'ensemble des plongeurs contre les apprentis sorciers qui croient pouvoir démonter et remonter n'importe quel appareil du marché. Aujourd'hui, chaque modèle, même le plus simple, possède ses spécifications très précises et certains constructeurs ou assembleurs les indiquent sur la notice d'accompagnement. En revanche, à ma connaissance, aucun constructeur ou assembleur n'a donné de procédures de démontage et de remontage. Pourtant celles-ci sont indispensables aux manipulations internes. J'ai pour ma part suivi une formation chez un vendeur de matériel de plongée et je suis souvent effaré d'entendre les conseils prodigués aux plongeurs par ceux que j'ai appelés les apprentis sorciers qu'ils soient moniteurs ou non. L'entretien de base d'un détendeur passe avant tout par un rinçage sérieux après chaque utilisation.

Le meilleur moyen de rincer correctement un détendeur est de l'immerger complètement dans de l'eau douce en prenant bien soin d'obstruer l'entrée d'air. Cet oubli se constate très souvent chez les débutants mais nous voyons encore des plongeurs confirmés effectuer cette opération sans prendre de précautions. Si un tel cas se produit, seul le démontage du premier étage est indispensable sauf si le séjour en immersion est prolongé. Dans ce dernier cas, le démontage complet du détendeur devra être effectué. De même, il faut proscrire le séchage du bronze poreux du détendeur. Dans le cas d'un arrêt prolongé, le détendeur devra être stocké sans le bouchon d'obstruction d'entrée d'air. Ensuite, la capsule comprenant le bouton de surpression sera enlevé sans forcer au démontage. Les constructeurs proposent des outils spéciaux pour ce genre d'opération. Là où le bât blesse, c'est la difficulté de se procurer ce genre d'outils. Une fois, la capsule enlevée, il faudra bien nettoyer l'ensemble de manière à supprimer le sable qui s'est posé dans tous les parties cachées. Il faudra particulièrement nettoyer la soupape d'expiration et l'éventuel bouchon servant à inverser le sens du détendeur. Cette manipulation sera facile à l'aide d'une soufflette en prenant soin de protéger le mécanisme d'arrivée d'air du deuxième étage contre l'entrée de poussières ou de grain de sable.

Cette opération est la seule qui puisse être effectuée sans qualification particulière. Pour toutes les autres comme le démontage des mécanismes de détente, elles nécessitent une formation approfondie et un outillage spécifique. Les différents constructeurs proposent des stages de formation ouvert aux cadres de plongée. Ces stages sont souvent gratuits mais il se déroulent au siège social de la société, le plus souvent dans le sud de la France. De même, des compétences dans une marque ne permettent pas, avec une fiabilité totale, d'intervenir sur n'importe quel détendeur. Les revendeurs proposent la révision dans leur prestation. Malheureusement, le tarif pratiqué, pourtant justifié, est un obstacle à la révision annuelle.

Toutefois, il faut s'astreindre à une révision bi-annuelle afin d'effectuer les opérations indispensables telles que le changement des pièces d'usure, le réglage et la stabilité de la pression intermédiaire et les différents réglages nécessaires au bon fonctionnement du détendeur.


Technique


Avant de démonter un détendeur, il est essentiel d'en comprendre le fonctionnement.
Ce chapitre vous permettra une petite révision du fonctionnement du premier et deuxième étage d'un détendeur.

Le détendeur abaisse la pression de la bouteille - appelée pression d'alimentation- à un niveau adapté à la respiration. Les détendeurs actuels réalisent cette opération au moyen de deux éléments ou étages reliés par un tuyau souple appelé flexible. Le rôle du détendeur est d'abaisser la pression de l'air de la bouteille à
la pression ambiante et de ne fournir de l'air que lorsque le plongeur inspire. Chaque étage du détendeur comprend un système siège/clapet à ressort taré. Quand le plongeur inspire, un déséquilibre de pression se produit à l'intérieur du détendeur au niveau de la membrane. La membrane s'incurve sous la différence de
pression et pousse le clapet qui s'ouvre, laissant l'air s'échapper jusqu'à ce que l'équilibre de pression soit rétabli (à la fin de l'inspiration).


Premier étage


Pour que le deuxième étage fonctionne correctement, le premier étage doit lui fournir de l'air à une pression
précise et surtout constante appelée moyenne pression malgré la grande variation de la pression
d'alimentation de la bouteille pendant l'immersion (de 200 à quelques dizaines de bars). Ce principe est fondamental pour obtenir un réglage optimal du deuxième étage dans le but d'assurer les meilleures performances durant toute l'immersion, indépendamment de la variation de pression dans la bouteille.

L'air passe d'une pression de 200 bars, dans la bouteille, à 10 bars dans le premier étage.
Chaque fois que le plongeur inspire, la pression chute. La membrane s'incurve vers l'intérieur, le clapet s'ouvre et laisse passer de l'air de la bouteille vers le premier étage.
Quand la pression de l'air atteint les 10 bars, la membrane retrouve sa forme initiale, le clapet se ferme.

Deuxième étage





Le deuxième étage a pour fonction de fournir de l'air à la pression ambiante exclusivement lors de
l'inspiration. Quand le plongeur inspire, la pression dans le deuxième étage diminue et un déséquilibre de pression se produit au niveau de la membrane. La membrane s'incurve sous la différence de pression et pousse le levier qui ouvre le clapet. L'air entre dans le deuxième étage et alimente le plongeur jusqu'à ce qu'il cesse
d'inspirer. La pression augmente alors et repousse la membrane dans la direction opposée jusqu'à ce
que le clapet se referme coupant ainsi l'arrivée d'air.

Le deuxième étage réduit la pression des 10 bars à la pression ambiante (1 bar à la surface, mais 6 bars à 50m de profondeur).
Quand le plongeur inspire, la membrane s'incurve vers l'intérieur, le clapet s'ouvre et laisse passer de l'air du premier étage vers le deuxième étage. Quand la pression de l'air atteint la pression ambiante, la membrane retrouve sa forme initiale et le clapet se ferme
Quand le plongeur expire, les valves s'ouvrent pour laisser échapper l'air vicié.


Mode d'emplo

Utiliser un détendeur ? Rien de plus simple. Révision de quelques petits gestes élémentaires qui finiront par devenir automatiques avec le temps.[/color]
Ca y est ! Depuis le temps qu'on le reluquait dans la boutique, on a fini par craquer. Oh ! bien sûr le choix n'a pas été simple entre le membrane auto-compensée et le piston à géométrie variable. Sans parler du prix. On avait bien un faible pour le Scubatechnique ou le Megadive 3, mais ils étaient un peu chers. Finalement la sagesse l'a emporté et on s'est décidé pour un Supair, le meilleur rapport qualité-prix du moment.


Des manchons qui rallongent la vie

Bon, mais que va-t-on faire de ce détendeur ? La première des choses est simplement de lire le mode d'emploi. Cela peut paraître bête mais bien souvent on néglige ce geste élémentaire. La notice d'emploi nous apprendra comment l'entretenir, dans quelles conditions fonctionne la garantie, comment bourrer la chambre du ler étage avec de la graisse silicone ou autres petites précautions utiles.

C'est également l'occasion de monter le flexible de l'inflateur et celui du manomètre. En veillant à ne pas monter le premier sur l'une des sorties MP (Moyenne Pression) et l'autre sur une sortie HP. De toutes manières les filetages sont souvent différents et ce n'est donc pas la peine d'insister lourdement si cela ne se visse pas bien. Une sage précaution consiste à mettre un manchon destiné à limiter la pliure des flexibles au niveau du premier étage pour prolonger leur durée de vie.
Pensez à conserver précieusement les bouchons de sorties MP et HP On peut aussi en profiter pour équiper le deuxième étage (s'il est prévu pour cela) de manière à ce que le flexible arrive par la droite ou la gauche.

Montage : deux cas de figures

Vient enfin le jour du premier essai. Après avoir placé le gilet et vérifié l'état du joint de la bouteille, deux cas de figure peuvent se présenter:

    Le premier étage à étrier. C'est un cas courant. Ce matériel est destiné à des blocs ayant une pression de service ne dépassant pas 230 bars.
    Le premier étage aux normes DIN à filetage. Il est utilisé dans nombre de pays étrangers et avec des blocs ayant une pression de service plus élevée.

Dans le premier cas, on desserre la molette de serrage de l'étrier. On passe ensuite ce dernier par dessus la sortie de la robinetterie en prenant soin de faire coïncider la sortie d'air de la robinetterie avec l'entrée d'air du premier étage.

Dans le second cas, on visse simplement la partie mâle du premier étage dans la partie femelle de la robinetterie, débarrassée le cas échéant de son opercule DIN/étrier. Attention à la position du détendeur. Certains modèles ont un flexible passant sur l'épaule gauche, d'autres sur l'épaule droite. Le plus simple est de se placer derrière la bouteille. Une main tient le 2e étage, l'autre place le 1er étage. Si les moustaches d'expiration sont en bas, capot du 2e étage vers l'extérieur, c'est bon !

Pour faciliter le passage du flexible par dessus l'épaule, surtout s'il n'est pas monté sur tourelle, on peut pencher légèrement le 1er étage du côté opposé de manière à ce qu'il forme un angle d'environ 45° avec la robinetterie.

On peut alors serrer modérément la molette, sans forcer. Un serrage excessif n'est pas le gage d'une meilleure étanchéité

C'est le moment de brancher l'inflateur. Ceci fait, on ouvre doucement le bloc. Un petit claquement sec signifie que membrane ou piston ont pris leur position. Petit essai, détendeur en bouche. Miracle, l'air arrive normalement !
Il est alors temps de mettre un peu d'ordre dans ce fouillis de tuyaux. Le flexible du détendeur reste libre, celui du manomètre est fixé par le dispositif ad hoc du gilet, idem pour celui de l'inflateur dont on vérifie la bonne tenue. Paré ? On peut y aller.

[color=#FF0040][size=150]Une bonne tasse[/size][/color]

Le détendeur en bouche, on saute à l'eau. Damned, j'ai oublié ma lampe. On enlève le détendeur et on hèle son copain: "Oh ! Tu peux me passer ma lampe". L'éclairage arrive, on passe la dragonne autour de son poignet et on reprend son détendeur. Mais où s'est-il fourré celui-là ? Et voilà notre plongeur qui se contorsionne en tous sens pour remettre la main sur son précieux détendeur.

Du calme, pas la peine d'arracher tous les tuyaux ! Il suffit de se pencher du côté du flexible (Vers la droite en principe). Par la magie de la gravité, le détendeur va pendouiller dans le vide et il suffit de ramener la main de l'arrière vers l'avant pour tomber dessus, même avec les yeux fermés.

Enfin le voilà. On le remet en bouche, on aspire un bon coup et ... une tasse, une ! Eh oui, quand on met son détendeur en bouche et quelle que soit la situation ! on commence par souffler dedans pour le vider de l'eau qui pourrait s'y trouver. Un bon réflexe à acquérir. Sous l'eau il n'est guère difficile d'utiliser un détendeur: il suffit de respirer normalement. Tout au plus peut-on ajuster au mieux sa sensibilité s'il est équipé d'une molette de réglage.
Après la plongée on ferme le bloc, on purge le détendeur en appuyant sur le surpresseur et seulement alors on pourra démonter le détendeur. Si on oublie de le purger, on ne pourra desserrer la molette. A moins que l'on ne s'appelle Arnold Schwarzeneger et que l'on aime le doux sifflement de l'air haute pression s'échappant dans l'azur infini... Il ne restera plus qu'à rincer soigneusement son détendeur à l'eau douce et à le ranger soigneusement

Attention, Fragile !

Un détendeur, bien que construit pour durer, est un instrument de précision qui réclame un minimum de soin. A protéger des chocs. S'il est monté, on évite de le laisser traîner sur le pont du bateau. Le plus simple est de le ranger au milieu du gilet que l'on ferme par-dessus. On le préserve également du sable qui risquerait de provoquer des entrées d’eau, voire de coincer le mécanisme.

Même dans le sac il reste exposé. On peut le ranger dans une pochette rembourrée ou plus simplement le caler au creux de la combinaison. Une fois par an, plus souvent en cas d'utilisation intensive, il est bon de le confier à un technicien compétent pour une visite de routine et le changement de quelques joints ou de la membrane.

A surveiller également, les flexibles qui peuvent perdre leurs qualités aux endroits fortement sollicités. Si on ne connait pas les détendeurs, mieux vaut s'abstenir de le démonter soi-même. Dans le meilleur des cas il perdra de sa souplesse faute d'un réglage approprié.


N'oublions pas le rinçage à l'eau claire qui reste la meilleure des préventions.

Ouvrez toujours doucement le robinet de la bouteille de plongée pour éviter les coups de bélier et le claquage de joints.

Montage des accessoires sur le premier étage

Les flexibles doivent être raccordés en prenant soin de ne pas endommager les joints toriques. Dévisser avec une clé le bouchon de la sortie du premier étage, puis visser et serrer l'embout du flexible sur le corps du premier étage en douceur mais fermement.

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