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Club el Mordjane

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Situé à El-Djamila, une localité à l’ouest d’Alger, plus précisément dans la commune d’Aïn Benian, le siège du club de plongée sous-marine El-Mordjane suscite la curiosité des estivants.

 

La façade blanchâtre laisse à penser qu’il s’agit d’un restaurant parmi tant d’autres à avoir pignon sur l’esplanade du port, comme «Sauveur», «La Perle bleue» ou «Le Cercle nautique», d’où les effluves de poissons grillés vous taquinent les narines à plusieurs mètres. Il n’en est rien puisque c’est un centre de formation miniature qui dispense des cours théoriques et pratiques de plongée sous-marine avec bouteille.

Le club El-Mordjane, dont le siège occupe 100 m2 de surface, est situé à proximité de la plage d’El-Djamila. Il a pour vocation l’initiation et la formation dans les activités subaquatiques ainsi que la sensibilisation à la préservation de l’environnement marin. «Ce local nous a été attribué par l’APC d’Aïn Benian pour nous permettre de travailler dans de bonnes conditions, vu l’ampleur prise par notre club et le nombre croissant d’adhérents», nous a confié M. Samir Chaouche, SG du club.

El-Mordjane est né en juillet 2001, fruit de l’initiative d’un groupe d’amis tous natifs de la commune d’Aïn Benian et passionnés de chasse sous-marine. En 2004, l’APC leur attribue un local de 40 m2 pour leur permettre de poursuivre leurs activités en faveur de la jeunesse locale. Le club compte à ce jour une centaine d’adhérents, dont une cinquantaine représentant la gent féminine, ayant effectué des plongées avec un équipement complet. «Avec le soutien de la DJSL d’Alger, nous avons pu former sept moniteurs qui encadrent depuis 2010 les jeunes plongeurs», a-t-il affirmé.

En visitant le siège du club, nous avons été surpris par son organisation. En effet, une petit espace, où était entreposé un compresseur à air, jouxtait une dépendance qui faisait office de bureau administratif. Une salle assez grande y est réservée à la formation et l’initiation à la plongée sous-marine. Deux petites pièces, servant l’une de vestiaires et l’autre de magasin pour l’entreposage des équipements, donnent plus d’assurance aux visiteurs. Dans la deuxième pièce, plusieurs combinaisons de plongée sont soutenues par des tringles alors que des palmes et des bouteilles à air comprimé sont éparpillés aux quatre coins. En empruntant un étroit couloir, on débouche sur des cabines de douches, indispensables après une sortie en mer.

A l’extérieur, on se croirait dans une buvette. Des tables et des chaises garnissent un espace à l’ombre de roseaux formant une toiture. Un coin tranquille même si la plage grouillant de monde à cette heure de la journée n’est qu’à quelques mètres. Des moniteurs enfilaient leurs combinaisons pour encadrer des jeunes qui allaient faire leur «baptême» de la plongée. Ces jeunes, tous âgés de plus de 14 ans, étaient tout contents de pouvoir, enfin, goûter aux plaisirs que procure une plongée sous-marine. «On a l’impression de faire partie de l’équipe Cousteau», plaisantait l’un d’eux. Mais ce qui fait le plus plaisir aux formateurs, c’est le visage radieux de ces enfants lorsqu’ils sortent la tête de l’eau. «Ils sont émerveillés par la beauté de la flore et de la faune qui peuplent nos fonds marins», affirme un moniteur. «Certains conducteurs de jet-ski font fi des règlements et s’approchent souvent dangereusement des plages. Ils ne sont nullement inquiétés par les autorités», ajoute-t-il. «Nous devons prendre toutes nos précautions pour éviter qu’un accident se produise durant la remontée en surface», nous indique-t-il encore. «Au club, nous ne dispensons pas uniquement des cours de plongée, mais nous sensibilisons également les stagiaires, jeunes et adultes, sur la préservation de l’environnement marin, ce qui doit être considéré comme un axe prioritaire dans toute formation», conclut M. Samir Chaouche, très accueillant et fortement convaincant lorsqu’il s’agit de parler de sa passion pour ce sport qu’il aime tant. Avant de se quitter, il nous demandera de revenir au club ne serait-ce que pour effectuer une première plongée en compagnie des jeunes.

Sfindja Hamdane

 

 

Entretien

 

M. Samir Chaouche, SG du club El-Mordjane :  «Les jeunes s’intéressent de plus en plus à la plongée sous-marine»

 

Alger Hebdo : Pourriez-vous nous retracer l’historique de votre club ?

M. Samir Chaouche : Le club El-Mordjane a été créé en juillet 2001 par un groupe d’amis passionnés des sports nautiques. Son premier président a été Madjid Benouared, qui a été élu pour deux mandats successifs. L’actuel président est M. Lyes Bouyali. Notre club est une association qui s’est limitée au départ à la création d’une section de chasse sous-marine. En 2007, notre association s’est ouverte à la formation en créant une section de plongée sous-marine pour les jeunes adeptes et une autre de nage avec palmes et de secourisme. Ce n’est qu’en 2004 que le club El-Mordjane a été pourvu d’un local de 40 m2 par l’APC d’Aïn Benian.

Avec l’ampleur prise par le club au fil des années, avec un nombre d’adhérents qui n’a cessé de croître, l’APC a décidé de nous octroyer un local plus grand, d’une surface de 100 m2, qui est devenu le siège du club, où nous dispensons des cours de plongée sous-marine et entreposons nos matériels et équipements. Ce siège est à la hauteur des ambitions du club. Avec les moyens mis à notre disposition par l’APC d’Aïn Benian et la DJS, notre club est arrivé à se classer parmi les meilleurs au niveau de la wilaya d’Alger sur le plan de la formation, que ce soit dans le domaine du secourisme ou de celui de la plongée sous-marine.

En 2008, au niveau national et d’après les dernières statistiques qui ont été établies par la Fédération algérienne (FASSAS), le club El-Mordjane a été classé  deuxième du point de vue du nombre d’adhérents et de stages en plongée sous-marine. En outre, notre club s’est aussi orienté vers la compétition en intégrant la nage avec palmes et la chasse sous-marine. De plus, nous avons introduit une autre activité consistant en la sensibilisation du citoyen à la protection du littoral, en y joignant l’éco-geste par des opérations de nettoyage des fonds marins. La dernière opération en date a été réalisée en juin 2011 en collaboration avec la Direction de la pêche et des ressources halieutiques de la wilaya d’Alger. Cela nous a permis de sensibiliser un grand nombre de citoyens qui ont compris le sens de cette opération. En effet, si notre littoral se transforme en dépotoir, nous n’aurons plus de raison d’exister.

 

Après avoir tracé des objectifs, avez-vous perçu une grande adhésion des jeunes envers votre association ?

Absolument, bien qu’au départ nous ayons axé la priorité sur la compétition nationale en chasse sous-marine. Ayant constaté que les jeunes s’intéressaient de plus en plus à ce sport, nous avons décidé de créer une section de plongée sous-marine en 2007 et notre club s’est classé en 2008 à la 2e place sur le plan de la formation. La nage avec palmes a été un autre challenge à relever en y intégrant des filles et des garçons de tous âges. Mais le plus important, c’est d’avoir réussi à organiser le premier stage de monitorat au niveau de notre club.

Avant, on dépendait de moniteurs étrangers au club qui assuraient la formation. En se renseignant auprès de la Ligue, nous avons appris qu’aucun club associatif n’a pu organiser un stage de monitorat depuis 10 ans. Nous avons relevé ce défi en l’incluant dans notre plan d’action 2010 et, Dieu merci! nous avons réussi. Nous avons organisé notre stage de monitorat qui a permis de former une première promotion de sept moniteurs. Nous avons accueilli cette promotion avec soulagement puisque ces sept moniteurs sont des enfants du club, où ils ont effectué leur initiation. Nous espérons qu’à partir de cette année, ces moniteurs encadreront beaucoup plus de stages et seront plus disponibles pour les jeunes. Nous avons réalisé une action qui nous tenait à cœur, celle d’organiser un baptême de la plongée au profit des handicapés. Cette action a été réalisée avec la collaboration de la DJSL qui nous avait sollicités pour l’organiser au niveau de la piscine d’El-Kettani (Bab El-Oued).

 

Disposez-vous de tout l’équipement nécessaire pour ce genre d’activité ?

Nous avons souffert du manque de moyens durant la période 2001-2007 pour équiper le club en matériel de plongée. Nous avons expliqué cette situation aux responsables de la DJSL et ils ont été attentifs à nos sollicitations, décidant de débloquer des fonds afin de nous permettre de mieux nous équiper.

A titre d’exemple, un compresseur pour remplir des bouteilles de plongée coûte près de 1,5 million de dinars. Jusqu’à présent, on se sert d’un compresseur d’occasion. Un bloc coûte 50 000 DA.

Pour équiper un plongeur avec un matériel complet, c’est-à-dire en palmes, gilet, scaphandre, etc., il faut près de 200 000 DA. Une spécificité propre à notre activité : ce matériel s’use très vite. En effet, il est soumis à une usure rapide et accélérée puisqu’il évolue dans un milieu hostile. Nous veillons constamment au renouvellement de ce matériel puisque la vie du plongeur en dépend. Pour l’instant, la DJSL joue parfaitement son rôle envers nous. Le seul problème, c’est qu’aucun sponsor ne s’est présenté à notre club. Notre activité est délaissée par les sponsors malgré toutes nos sollicitations. C’est bien dommage. S’il y a une réelle relance dans le tourisme en Algérie, les clubs de plongée auront aussi une part importante dans le développement de ce secteur. A titre d’exemple, à Charm Echeikh (Egypte), toute une industrie du tourisme est basée sur la plongée sous-marine. Nous avons des côtes magnifiques, si l’on mise sur les clubs, sur la jeunesse, ce sera vraiment un potentiel important pour l’Algérie. Nous avons des atouts. En premier lieu la proximité de notre pays de l’Europe. De plus, nous avons nos propres plongeurs et moniteurs, alors qu’en Egypte, ceux qui s’occupent des clubs de plongée sous-marine sont des étrangers. La plongée sous-marine est un créneau porteur à ne pas négliger dans le tourisme balnéaire. Bien que nous ne disposions pas de brevet d’Etat comme pour les entraîneurs de football, notre diplôme est cependant valable et reconnu dans 170 pays puisque notre Fédération est affiliée à la Confédération mondiale des activités subaquatiques (CMAS).

 

Quel était le but de votre participation au 1er Salon du sport féminin ?

Nous avons été sollicités par la DJSL pour participer à ce Salon. Montrer à la gent féminine que ce sport leur est aussi accessible était notre principal but. D’ailleurs, près de cinquante  plongeuses, dont l’âge varie de 14 à 40 ans, se sont inscrites à notre club, et ce tous niveaux confondus. 90 % de ces plongeuses résident en dehors de la commune d’Aïn Benian. Ce sont pour la plupart des étudiantes de l’ISMAL, d’Alger. Le but de notre participation à ce Salon visait la vulgarisation de cette activité. Il faut que les adultes comprennent que cette activité ne comporte pas de danger lorsqu’elle est pratiquée dans les règles de l’art. On doit être discipliné et ordonné comme pour les autres disciplines. Ce Salon nous a permis aussi d’avoir un échange d’idées avec les participants des autres wilayas qui pensaient que la plongée sous-marine était inaccessible au vu des moyens qu’elle nécessite. Nous leur avons proposé des baptèmes de la plongée afin qu’ils se familiarisent avec ce matériel. Ils ont été ravis et en ont gardé de bons souvenirs.

 

Est-ce que vos plongeurs participent à des compétitions ?

Nous avons des compétiteurs en chasse sous-marine qui participent à différentes compétitions régionales et nationales. En plongée, le seul volet compétitif concerne la photographie sous-marine. Le premier concours dans ce domaine se déroulera au parc de Taza à Jijel. Deux de nos plongeurs, Mesbah Fateh et Khaled Lamondi, ont été sélectionnés pour participer à ce concours avec leur matériel de photographie

 

Pensez-vous participer à des Salons dans d’autres wilayas ?

Pourquoi pas ? Nous avons déjà participé au Salon de la plongée sous-marine qui s’est déroulé au palais de la Culture au mois de février 2011. Si l’on nous invite à participer à des Salons dédiés à cette discipline, nous répondrons toujours présents, si on n’a pas de droits de participation à payer. Si la participation de notre club à un Salon est tributaire d’une taxe à honorer, on déclinera l’invitation, car notre association n’est pas à but lucratif ou commercial.

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